L'ESCLAVE BLANC

 

Un film de Jean-Paul Paulin, France 1936, N&B.

Scénario : Ernesto Quadrone, Jean-Paul Paulin, Carl Th. Dreyer - Image : Mario Craveri, Ferdinando Martini - Musique : Daniel Amphitheatroff, Gino Filippini - Production : S.A.F.I.S.

INTERPRETES : Georges Rigaud (André), Jane Ferney, Egisto Olivieri

RéSUMé : En Somalie italienne, un jeune Européen amoureux de la fille de son patron, est chassé de la plantation par ce dernier. Il vit dans la brousse en compagnie d'une indigène et d'un petit noir. La jeune femme est tuée par les hommes de sa tribu et le jeune homme est heureusement sauvé par le planteur alerté à temps. Le film, dont le titre de la version italienne est Jungla nera, fut commencé par Dreyer. A l'origine du scénario intitulé "Somalia", le nom du cinéaste danois ne figure à aucun moment au générique.

Jean-Paul PAULIN (1902-1976) : Fils du sculpteur Paul Paulin, il commence à travailler dans le cinéma comme assistant de Jean Choux. Sa première réalisation date de 1932 : La femme nue, d'après la pièce de Henry Bataille, qui avait déjà été portée à l'écran par Léon Perret en 1926. Il poursuit avec Pas besoin d'argent (1933) version française du film allemand Man braucht kein Geld (1931, Carl Boese). Pendant les années '30 et '40 il réalise beaucoup de films parmi lesquels, L'esclave blanc, Trois de Saint-Cyr (1938, excellent film sur le milieu militaire), et encore Cap au large (1942), La voix du rêve (1948) et L'inconnue N° 13 (1938). Avant de se retirer en 1960, il se tourne vers la production avec Poil de carotte (1951, de Paul Mesnier) et J'avais 7 filles (1954, de Jean Boyer).

Georges RIGAUD (1905- 1984) : Jeune premier fameux de l'avant-guerre (on se souvient notamment de l'amoureux d'Annabella dans Quatorze Juillet), il se contenta dans les années 50-60 de petits rôles qui n'étaient pas à sa mesure.

SUR LE FILM : L'intrigue amoureuse qui atteint souvent des accents de vraie poésie, est bien représentée. Les scènes typiquement indigènes expriment avec clarté le charme des lieux et permettent de raconter avec une évidence plastique des moments de vie en Somalie, mieux et davantage qu'un documentaire : la récolte des bananes, la chasse au léopard. Et puis, il y a une danse vraiment belle : Mudundu, la danse de l'amour." G. Caranci, "Cine-Magazzino", septembre 1937 (en italien)

 "La vision de L'Esclave blanc nous conduit à nous interroger sur le travail fourni par Dreyer en Somalie. Sans aller jusqu'à prétendre que certains plans de L'Esclave blanc sont de lui, il arrive que parfois ils portent incontestablement la griffe de son style. Quelques plans de L'Esclave blanc, ramassés sur une séquence précise, sont du Dreyer citant Vampyr. (...) Ne serait-ce que cette cloison grillagée en bois dont le film se sert à plusieurs reprises de la même façon que Vampyr jouait avec des fenêtres et des vitres : personnages surgissant au fond, silhouettes fugitives glissant le long, accompagnées d'un panoramique."  Charles Tesson "Carl Th; Dreyer. Oeuvres cinématographiques 1926-1934.", Cinémathèque Française.

 

 

 

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