ECHEC AU ROI
Un film de Jean-Paul Paulin, France 1943, 95 mn, N&B.
Scénario : Robert-Paul Dagan, Pierre Léaud, d'après Henry Dupuy-Mazuel
Dialogues : Roger Ferdinand
Photo : Henri Alekan
Musique : Georges Van Parys
Producteur : Jean Clerc.
INTERPRETES Odette Joyeux (Jeanne de Pincret), Gabrielle Dorziat (Madame de Maintenon), Georges Marchal (le vicomte d'Haussy), Lucien Baroux (La Verdure), Maurice Escande (Louis XIV), Jacques Varennes (le duc de Montgobert).
RESUME Madame de Maintenon veut marier sa protégée Jeanne de Pincret, pensionnaire à Saint-Cyr, avec le vicomte Haussy de Villefort. Louis XIV préconise un homme mûr, le duc de Montgobert. Découvrant la légèreté du vicomte qui a une liaison avec la comédienne Adrienne Letourneur, Jeanne traite fort mal le jeune homme qui se retire furieux à l'issue de leur première entrevue. Il se bat en duel avec Montgobert. Scandale. Le roi le force à épouser Jeanne puis à partir pour la guerre. Séparée de son mari, Jeanne découvre qu'elle l'aime. Son fidèle La Verdure invente un stratagème : Adrienne Letourneur feint de rejoindre le vicomte dans son camp. Jeanne part aussitôt et tombe dans les bras de son mari. Ravissante comédie, filmée avec goût. Maurice Escande est un superbe et émouvant Louis XIV méditant sur les défaites de la France. Méditation qui ne pouvait qu'évoquer des échos dans le public de 1943, d'autant que la victoire survient au bon moment. Jean Tulard Guide des films, R. Laffont, Paris, 1990.
Jean-Paul PAULIN (1902-1976) Fils du sculpteur Paul Paulin, il commence à travailler dans le cinéma comme assistant de Jean Choux. Sa première réalisation date de 1932 : La femme nue, d'après la pièce de Henri Battaille, qui avait déjà été porté à l'écran par Leon Perret en 1926. Il poursuit avec Pas besoin d'argent (1933) version française du film allemand Man braucht kein Geld (1931, Carl Boese). Pendant les années '30 et '40 il réalise beaucoup de films parmi lesquels : L'esclave blanche (1936), Trois de Saint-Cyr (1938), excellent film sur le milieu militaire, et encore Cap au large (1942), La voix du rêve (1948) et L'inconnu N°13 (1938). Avant de se retirer en 1960, il se tourne vers la production avec Poil de carotte (1951, de Paul Mesnier) et J'avais 7 filles (1954 de Jean Boyer).
Odette JOYEUX (1917-) Elle débuta comme petit rat de l'opéra avant de rencontrer Jean Giraudoux qui l'orienta vers le théâtre. Elle rencontre Jouvet qui lui donne des conseils et finit par l'envoyer jouer Grisou d'un certain Pierre Brasseur… qu'elle épouse. Elle en aura un fils, Claude Brasseur. A l'écran, elle interprète sous la direction d'Autant-Lara une série de films (Chiffon, Douce, Sylvie et le fantôme…). On la voit également dans La ronde (1950 de Max Ophüls), Si Paris nous était conté (1955, de Sacha Guitry). Mariée par la suite au réalisateur Agostini, elle a quitté le cinéma vers 1958 pour se consacrer à la littérature.