Voir la  fiche technique du film.

English

LES OTAGES

de Raymond Bernard (1939)

 

Avec Saturnin Fabre,  Charpin,  Dorville, Pierre Larquey, Pierre Labry, Noël Rocquevert, Annie Vernay, Marcel Pérès,  Marguerite Pierry, Palmyre Levasseur, Mady Berry, Jean Paqui, Georges Douking, Takal, Florian, Jean Sinoël, Léon Larive, Paul Villé, Félix Claude… et les habitants de Chézy sur Marne

 

 Versions :

VO et sous-titrage anglais et français pour malentendants

 

   

Août 1914, un village paisible au bord de la Marne est tout entier occupé des querelles picrocholines qui opposent le maire (Charpin) et le châtelain (Saturnin Fabre). Leurs enfants ont tôt fait de réactiver le mythe de Roméo et Juliette. 

Mais la guerre est là, et c’est l’occupation pour le village qui se trouvera bientôt juste sur la ligne de front. L’autorité d’occupation commence par exiger du ravitaillement d’une population qui commence par s’y refuser avec véhémence, sauf « ceux qui n’ont rien et veulent tout donner ».

 C’est alors que les Allemands découvrent qu’un de leurs officiers a été tué.

 Pour répondre de la livraison du coupable par le village, ils exigent la constitution de cinq otages, sous peine de destruction du village - habitation et population, au canon.

 C’est Beaumont le maire qui est chargé de constituer cette liste, et il ne désignera d’autorité que lui-même. Il est suivi par Rossignol,  le châtelain. Les autres seront désignés par le sort ou par … les circonstances, qu’expose un scénario en tout point remarquable.

 

 

Le meurtrier, c’est Pierre, le fils de Rossignol, soldat en permission pour un mariage officiel mais à l’insu des familles. Il a été pris au piège par l’avance allemande, et surpris par l’officier en quête d’aventure. Pierre tuera l’officier allemand dans un combat confus mais loyal. Mais cela le père Rossignol l’ignore.

 C’est Beaumont le maire, ennemi intime de Rossignol qui l’aidera à se tirer d’affaire, et à rejoindre au plus vite les lignes françaises.

 Le coupable ne se rendra pas, et pourtant les Otages ne seront pas exécutés grâce à la percée française, la célèbre Bataille de la Marne, mais surtout en raison de l’évidente mauvaise volonté pour les exécuter d’un officier allemand.

 

 

 

 

 

 

 

Dans un film qui évoque immanquablement « La grande illusion » et « La règle du jeu » de Jean Renoir, Raymond Bernard et les scénaristes (dont Jean Anouilh) proposent une autre vision d’une France à la veille de guerre, celle de 1939 cette fois, bien plus influencée par l’appel à l’union d’un Daladier, que l’évocation d’un monde en décomposition à la manière d’un Renoir .

 Parce que Raymond Bernard ne saurait sombrer dans la grandiloquence patriotique des veillées d’armes, il fait toujours cohabiter la grandeur et la mesquinerie, les ridicules jeux de stratégie de café du commerce et  l’esprit de résistance et de solidarité quand surgit le drame, le sacrifice volontairement assumé et la peur panique.

 En particulier, une scène montre les otages qui marchent crânement vers leur destin, la peur est dominée dans la tête par « la Marseillaise », mais elle envahit les ventres, une scène que la médiocre critique de l’époque ne pardonnera pas.

 

LES BONUS : 

·         « Le retour des Otages »

Pour ce film qui nous présente une vision emblématique de la France de l’époque, nous avons voulu fournir aux cinéphiles, dans un supplément très travaillé, des clés supplémentaires pour l’appréhender :

 « Le retour des Otages » fait aussi une large place à l’intervention de la censure, qui est exposée avec minutie. Car la version intégrale que nous présentée a été reconstituée, non à partir du négatif, depuis longtemps disparu, mais a partir de deux copies, l’une pour diffusion en France et l’autre pour diffusion en pays germanophone, et censurées  toutes les deux, mais pas de la même façon . A titre d’exemple la version « germanique » dispense son public de la scène de la mort de l’officier allemand, et la version française cache au sien que les otages doivent aussi la vie à l’humanité d’un officier allemand.

Mais la censure va bien au delà de ces scènes emblématiques, avec une minutie et une sûreté de coup d’œil surprenantes . Le supplément commente et montre les scènes censurées par l’une et l’autre partie, parfois des scènes entières, parfois une réplique, quelques secondes, et recherche des explications, risque des hypothèses, invitant le spectateur à y réfléchir et à se faire son opinion.

 

·         L’interview de Jean-Pierre Jeancolas

L’historien du cinéma Jean-Pierre Jeancolas présente quelques remarques  particulièrement pénétrantes sur l’origine et l’idéologie de la censure de l’époque , sur le film aussi, ce qu’il contient, ou ne contient pas, il fait des rapprochements, évoque aussi Renoir et le cinéma de l’époque, sans complaisance...

 

 

 

Retourner à la page d'accueil

Fermez la fenêtre

Acheter le DVD