France, N&B, 1939
Scénario de Jean d'Agraives et Emmanuel Bourcier
avec les images de Gaston Chelle (Afrique du nord), Hervé Missir (Asie), Georges Barrois (Madagascar et Somalie), Raymond Méjat (Guyane et les Antilles), André Persin (Afrique noire).
Speakers: Jacques Breteuil, Claude Darget, Henri Garden, Maya Noël.
Musique: Van Hoorebeke.

Voir un extrait de la ! Cliquez ici (prévoir 1 à 2 min. d'attente suivant la vitesse de la ligne)
Quick Time est nécessaire pour lire ce fichier. Téléchargez Quick Time
Versions :
VO et sous-titrage anglais
Résumé :
"La France est un empire" est une fresque sur la grandeur de la France. Un film de fierté sur l'histoire de la constitution, en moins d'un siècle (entre 1814 et 1912), de l'Empire Français.
Une propagande de bonne conscience aussi sur la façon dont la France a assumé la mission civilisatrice qu'elle s'était assigné, et tous les bienfaits qu'elle a apportés aux "indigènes" par le biais de la colonisation.
A ce titre, il est un témoignage quasi ethnographique de la vision qu'a la France d'elle même à la veille de la deuxième guerre mondiale.
Mais soixante-dix ans après, l'illusion n'est pas dissipée. C'est pourquoi le décryptage lucide de Sandrine Lemaire est si important pour le rétablissement de la vérité sur cette aventure.
Suppléments :
- "La propagande coloniale décryptée" par Sandrine Lemaire, Agrégée et enseignante, docteur en histoire de l’Institut universitaire européen de Florence.
Elle a codirigé Zoo humains. Au temps des exhibitions humaines (La Découverte, 2002), Culture coloniale. La France conquise par son Empire, 1871-1931 (Autrement 2003), Culture impériale. Les colonies au coeur de la République, 1931-1961 (Autrement, 2004), L'illusion coloniale avec Éric Deroo (Tallandier, 2005), La Fracture coloniale avec Pascal Blanchard et Nicolas Bancel (La Découverte, 2005).
- Aimeriez-vous? Actualité tournée et mise en scène dans un village africain sous le régime de Vichy.
- Bande-annonce originale
Critiques d'époque :
- "La belle France", mars 1940 :
"Il a fallu la guerre pour que l'on songe à composer un film comme celui-ci : grande et belle fresque où semblent se tenir par la main les population pacifiées, heureuses de nos possessions d'outre mer.

Entrepris moins hâtivement en dehors des circonstances actuelles, le tableau aurait pu être plus complet, plus fouillé. Ne chicanons pas les auteurs. Tel qu'il nous est montré, ce grand film suffit amplement à réfuter les arguments de mauvaise foi nous reprochant d'avoir accaparé des territoires immenses, pour n'en pas tirer parti, et ceux de gens mal renseignés assurant que le français ne fut jamais colonisateur.
On a heureusement évité de "romancer" ce film. Seul, le document compte ici et le document est admirable. Je pense que beaucoup de bons français qui ont vaguement entendu parlé de l'oeuvre de Lyautey, seront stupéfaits de constater qu'il existe aussi de magnifiques routes au Soudan et en Afrique équatoriale, que dans des dispensaires modèles on soigne la maladie du sommeil, au Cameroun, comme la lèpre à Madagascar ou en Indochine, que les bananes consommées en France viennent de nos colonies.
Devant nos missionnaires, nos soldats, nos administrateurs, nos médecins, nos ingénieurs, nos colons, la barbarie, les massacres rituels, la maladie, la famine ont reculé peu à peu. Très souvent, quelques années ont suffi pour transporter directement de malheureux noirs, du moyen age au XXème siècle. Voila pourquoi les populations augmentent rapidement, pourquoi la misère s'atténue ou fait place à la prospérité, pourquoi la France voit accourir vers elle tant de volontaires courageux, prêts à lui donner leur sang".

- 1940, (source non référencée) :
"Pour la première fois, un cinéaste, M. Missir, a filmé à Hué, les fêtes de Nam-Giao, le 13 avril au palais impérial. Ce jour là, l'empereur d'Annam Baodaï, précédé de quatre éléphants richement caparaçonnés et entourés de mandarins, de soldats, de danseurs, de porteurs de lanternes et de banderoles, assis dans une chaise à porteurs offerte par Louis XV, escorté par la garde royale et par le conseil des ministres et de dignitaires allait se recueillir, toute la nuit, au palais du jeûne.
C'est un spectacle dont on ne se fait aucune idée en Occident et que l'écran va bientôt nous révéler.
Peu de cérémonies peuvent donner l'impression du faste extrême-oriental autant que celle là, ni mieux montrer ce qu'est "l'empire français".
Il est a noter que "La France est un empire" devait être présenté pour la première fois à l'exposition universelle de New York (septembre 1939) qui n'a finalement pas eu lieu, parmi une sélection de documentaires à la gloire de la France, comme "Solutions Françaises de Jean Painlevé", "Les paysans de France", de Julien Duvivier, "Jeunes Filles de France" de Marc Allegret, "Artistes et paysans" de Jean Renoir, "Profil de France" d'Abel Gance et J. Tedesco...
Jean d'Agraives, scénariste de "La France est un Empire", fût un écrivain populaire à succès de l'entre deux guerre. Enrôlé comme interprète auprès des régiments Anglo-canadiens de l'Armée britannique en 1914, il commence par écrire des romans d'aventures se déroulant dans l'Empire britannique (L'âme du canon-1916, La porte des sabres-1916...)
Après un court passage, à la fin de la guerre, dans une compagnie pétrolière, Jean d'Agraives choisit de vivre de sa plume comme romancier mais aussi comme grand reporter. C'est alors qu'il couvre la guerre du Rif et se passionne pour le monde musulman. Bien entendu, il utilisera ses connaissances dans nombres de ses romans (La cité des sables-1924, Le maître du Simoun-1925...) alors publiés en feuilletons dans des journaux et revues à fort tirage.
De par sa notoriété, Jean d'Agraives est très vite sollicité de toutes parts : il écrit des romans tirés de films à grand succès (Le petit Robinson-1925, Larmes de clown-1926, Vent debout-1929) ; il est auteur de la première pièce radiophonique diffusée en France (SOS Paquebot Mostaganem-1925) ; il est le scénariste de "La France est un Empire" juste avant la seconde guerre mondiale.
Fervent défenseur de l'Empire, Jean d'Agraives écrit le 24 novembre 1937 dans Vu et Lu: "La notion impériale - celle qui permet à une race de concevoir la grandeur et la servitude de ses destinées coloniales - manque à l'ensemble des Français, alors que l'Angleterre a voué à ses moindres "empire builders" un culte égal en ferveur à celui qu'elle porte à ses marins."
Au début de la guerre, il se lance dans l'édition et collabore d'octobre 1940 à mai 1941 à des sketches anti-britanniques de Radio-Paris. Cette brève activité dans cette station, à la solde de l'occupant, lui causera de graves ennuis à la libération alors même que de nombreux résistants attesteront des multiples services rendus par l'écrivain pendant l'occupation.
Jean d' Agraives est mort prématurément à l'age de 59 ans laissant une oeuvre inachevée puisqu'il était encore sous contrat avec des organes de presse et avait plusieurs projets de romans.

Autres éditions de films coloniaux :
(DVD disponibles sur notre boutique en ligne)
- L'esclave blanc de Jean-Paul Paulin (1934).
Film témoin de l'aventure coloniale, mais aussi un des premiers à montrer au public de l'époque des terres mal connues, ce film vaut qu'on se replace dans l'univers du spectateur de l'époque, comme y invite d'ailleurs Henri de Monfreid aventurier –romancier qui assure "la préface" du film.
Mais la réalisation même de « L’Esclave blanc » c'est aussi, et surtout, une histoire étonnante, une sorte d'aventure cinématographique en même temps qu'un regard de toute une époque sur l'épopée coloniale.
C'est pourquoi, pour conter cette aventure, un ensemble de bonus d'une richesse exceptionnelle a été réalisée à l'occasion de ce DVD.
- Brazza, ou l'épopée du Congo de Léon Poirier (1939).
Le film nous raconte l'histoire de l'exploration de ce qui deviendra l'Afrique Équatoriale Française. Histoire édifiante à bien des égards d'un idéaliste aux pieds nus (littéralement).
Une histoire si pleine de candeur peut prêter à des sourires dubitatifs, voire à une colère indignée. C'est pourquoi il est particulièrement salutaire d'écouter la lumineuse et décapante mise en perspective d'Éric Deroo, historien de l'aventure coloniale. Et aussi, la parole de Batékés dont l'analyse du film pleine d'humour, de lucidité et parfois de colère n'en témoigne pas moins d'un certain respect pour le personnage de Brazza.