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LA FEMME NUE

de Jean-Paul Paulin (1932)

 

d’après la célèbre pièce

d’Henry Bataille

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Avec Florelle (Lolette Cassagne), Alice Field (La princesse de Chabran), Odette Talazac (Mme Garzin), Raymond Rouleau (Bernier), Constant Rémy (Rouchard), Armand Bour (Le prince de Chabran), Maxime Fabert (Tabourot), Paul Clerget (Garzin), Marcel de Garcin (Gréville)

 Versions :

VO et sous-titrage anglais

 

RÉSUMÉ

Montparnasse 1932. Lolette, la petite modèle d'un vieil artiste devient bientôt le muse, et la femme, d'un autre peintre, plus jeune et plus prometteur. Mais le succès n'a pas les mêmes effets sur nos deux protagonistes…

 Fidèle du Montparnasse artistique des années 30, cette adaptation de la pièce d'Henri Bataille, dresse le portrait d'une femme au prise avec les convenances bourgeoises de son temps. Florelle toute de naturel, est plus que convaincante dans ce rôle de femme pas encore"libérée"

 

Critiques :

« Il manquait à Montparnasse  la consécration d’un film

qui interprétât fidèlement son atmosphère. »

Ciné-magazine, octobre 1932. Jacques Lombardy.

 

« La qualité de la photographie, tout à fait remarquable, démontre les progrès que le film français a su faire de ce coté. »

« Dans ce rôle difficile et si complet de Lolette, Florelle s’est surpassée. Elle a des accents déchirants qui feront monter les larmes. »

Pour Vous, 27 octobre 1932. René Lehmann.

 

« Le jeune metteur en scène J.P. Paulin, qui à réalisé La Femme nue a su tirer un merveilleux parti du talent de ces artistes. »

Ciné-miroir. Novembre 1933

 

 

 

A propos du film :

 

 Alors qu’il s’agit ici d’une première réalisation, il est étonnant de voir combien de grand noms sont associés dans le générique de La femme nue. L’interprétation de Florelle et de Raymond Rouleau, si elle est représentative de l’image du Montparnasse artistique de l’époque, n’en demeure pas moins fidèle aux films français d’avant guerre, qui donnent au mari le rôle du stabilisateur social, et à la femme celui d’enfant toujours sujette aux tentations. Sauf qu’ici les rôles sont partagés. Un monde volontiers inversé comme la bourgeoisie aime à se le représenter. Mais un monde que « l’ordre naturel des choses » fini par remettre à l’endroit, quand bien même cela devrait en passer par une tromperie, un divorce. Que vaut après tout un mariage avec une Lolette, quand ont peut racheter un passé bohème avec une aristocrate? Pas grand chose. Reste à l’infortunée marche pied de comprendre et de s’incliner. L’essentiel étant qu’un maintien, voir une ascension sociale (forcement masculine) puisse s’en dégager. Comme chez Vigo, une certaine vieille France est stigmatisée (voir le personnage du vieux prince gâteux). On goûte aussi des images volées à l’air du temps, sur les trottoirs de Paris. Mais ce naturalisme a surtout une fonction repoussoir, et permet d’apprécier d’autant mieux l’élégance des intérieurs signés Meerson. Quant à Lolette, c’est une « femme nue » parce qu’elle ne sait pas comment se comporter : Trop généreuse pour être une garce, pas assez sophistiquée pour se faire garçonne, elle n’a pas su grandir pour mériter son prénom : Louise. En robe de soirée ou en costume d’homme, la pauvrette n’a pas sa place dans ce drame bourgeois. Mais elle invente dans la douleur, et sans le savoir la femme moderne, la femme émancipée.                        

 Denis Scoupe

 

Jean-Paul PAULIN (1902-1976)

Fils du sculpteur Paul Paulin, J-P Paulin commence à travailler dans le cinéma comme assistant de Jean Choux. La Femme Nue (1932) d’après la pièce de Henri Bataille est sa première réalisation. Pendant les années ’30 et ’40 il réalise beaucoup de films parmi lesquels : L’Esclave blanc (1936) ; Trois de Saint-Cyr (1938), excellent film sur le milieu militaire ; Cap au large (1942) ; L’Inconnu N°13 (1949). Après avoir réalisé exactement dix-huit films en dix-huit ans, et avant de se retirer en 1960, il se tourne vers la production avec Poil de carotte (1951, de Paul Mesnier) et J’avais 7 filles (1954 de Jean Boyer).

 

Henri BATAILLE (1872-1922)

Le parcours chaotique d’Henri Bataille dans les lycées parisiens Henri IV et Jeanson de Sailly le pousse vers les arts et surtout la peinture. En 1895, la parution d'un recueil de poèmes, 'La chambre blanche', rencontre un certain succès et le rapproche du théâtre. De 1900 à la veille de la Première Guerre mondiale, les drames qu’il signe (Maman Colibri, 1904 ; La marche nuptiale, 1905…), se déroulent au sein d'une société indigeste, mesquine et décadente. Ses pièces séduisent le public et sont joués jusqu’à Broadway.

 

Lazare MEERSON (1900-1938)

Lazare Meerson, décorateur constructiviste d’origine russe, compte parmi les artistes les plus prestigieux du cinéma français. Malgré une carrière relativement courte (il meurt à l'âge de 38 ans), Meerson fut très productif. Les décors qu’il a conçus au long de sa carrière n’ont cessé de s’éloigner du naturel traditionnel. Il est l'artisan d'une certaine forme de réalisme, opposée à un "esthétisme" du cinéma français pour lequel le décor va jusqu'à constituer un spectacle en soi. Meerson avait le souci du détail authentique , cela l'a donc conduit à voyager en Espagne, en Suisse, en Flandres pour préparer ses décors.

Fidèle à René Clair et à Jacques Feyder il a collaboré avec les plus grand réalisateurs de son temps :

·          Sous la direction de René Clair : Les Deux timides (1928), Sous les toits de Paris (1930), Le Million (1931), 14 Juillet (1932)…

·          Sous la direction de Jacques Feyder :  Carmen (1926), Le Grand jeu (1934), Pension Mimosas (1934), La Kermesse héroïque (1935), Le chevalier sans armure (1937)…

·          Avec d’autres réalisateurs : L’Argent (1928) et Le Mystère de la chambre jaune (1930) de Marcel l’Herbier, La fin du monde d’Abel Gance (1930), Jean de la lune de Jean Choux (1931), L’hôtel du libre échange (1934) et Les beaux jours (1935) de Marc Allégret, The Citadel (1938) de King Vidor…

 

 

Florelle (1898-1974)

Florelle, de son vrai nom Odette Rousseau, fait très jeune ses débuts sur scène à la Cigale. A l’âge de 16 ans elle fait partie de la troupe du music-hall L’Européen qui part en tournée à l’étranger. Après la première guerre mondiale, elle chante au Bataclan avant de remplacer Mistinguett dans la revue Ça, c’est Paris et de partir en tournée en Amérique du Sud. Elle passe une bonne partie des années 20 en Argentine. Dès le début des années 30, elle poursuit une double carrière de comédienne (environ 40 films en 10 ans) et, de chanteuse et meneuse de revues au Casino de Paris, aux Folies Bergère, au Moulin-Rouge...

Ses plus grands films :

·          1930 : El Amor solfeando (Armand Guerra), Le procureur Hallers (Robert Wiene), L’Amour chante (Robert Florey) et Le poignard malais (Roger Goupillières).

·          1931 : Faubourg Montmartre (Raymond Bernard), Autour d’une enquête (Robert Siodmak), L’Opéra d’quat’sous (Pabst) d’après l’opéra de Bertolt Brecht et Kurt Weill.

·          1932 : L’Atlantide, La maîtresse de l’Atlantide et La reine de l’Atlantide (Pabst), La Dame de chez Maxim’s (Korda), La merveilleuse journée (Yves Mirande et Robert Wyler), Tumultes (Robert Siodmak).

·          1934/ 36 : Liliom (Fritz Lang), Le Crime de Monsieur Lange (Jean Renoir).

·          1956 : Gervaise (René Clément)

 

Raymond ROULEAU (1904-1981)

Raymond Rouleau entre à l'âge de quatorze ans au Conservatoire de Bruxelles où il reçoit divers prix de comédie. Il vient rapidement à Paris et travaille avec Antonin Artaud et Charles Dullin. Il fit de nombreuses mises en scènes au théâtre ainsi qu’à l ‘Opéra de Paris et à la télévision. Il devient rapidement un comédien et un metteur en scène de réputation internationale. Raymond Rouleau signe aussi la réalisation de quelques films. Grand découvreur de talents, il fonde un théâtre d'inspiration surréaliste en 1937, le Théâtre de Minuit, après avoir pris la direction du Théâtre du Marais.

Ses plus grands films :

·          1928 : L’Argent (Marcel L’Herbier)

·          1933 : Volga en flammes (Victor Tourjansky)

·          1937 : L’Affaire Lafarge (Pierre Chenal)

·          1938 : Le Drame de Shangaï (Georg Wilhelm Pabst)

·          1941 : L’Assassinat du père Noël (Christian Jaque)

·         1944 : Falbalas (Jacques Becker)

·         1946 : Dernier Refuge (Marc Maurette), Vertiges (Richard Pottier)

·         1949 : Mission à Tanger /1950 : Mefiez vous des blondes (André Hunebelle)

·          1952 : Il est minuit Docteur Schweitzer (André Haguet)

·         1956 : Les Sorcières de Salem (en tant que réalisateur)

 

 

Alice FIELD (1905- 1969)

Fille d'un poète, résidant français établi en Algérie. Elle fréquenta à Paris, un cours de danse classique ainsi que le Conservatoire d'art dramatique. Elle débuta dans les revues de Rip au Palais-Royal et de jouer, ensuite, de nombreuses pièces de boulevard, comme: Cette vieille canaille de Fernand Rozière, qu'elle reprendra ensuite au cinéma.

Ses plus grands films :

·          1930 : La Maison de la flèche (Henri Fescourt).

·          1932 : Vous serez ma femme (Serge de Poligny), Le Coffret de laque (Jean Kemm).

·          1933 : Théodore et Cie (Pierre Colombier), Cette Vieille canaille (Anatol Litvak).

·          1937 : Le Tigre du Bengale (Richard Eichberg), Le Tombeau hindou (Richard Eichberg), Police mondaine (Michel Bernheim).

·          1964 : Playtime (Jacques Tati).

·          1965 : Le 17ème ciel (Serge Korber), Pleins feux sur Stanislas (Jean-Charles Dudrumet), Un Amore / Une garce inconsciente (Gianni Vernuccio).

 

LES BONUS : 

·         Bande annonce du film

 

·         Cinémas disparus :

Quartier des Ternes 17è ardt de Paris.

Entretien avec Claude Girard et Claude Lafaye

 

·          Julien et Michelle Perdrière

exploitants de l’Abri Etoile,

Axel Brucker

            exploitant du Mac Mahon

 

·          Modèles d’artistes,

            court métrage de Jean Loubignac, 1946

 

·          Béatrice Fairfax ou le courrier du cœur

 

·          Take your girlie to the movies

            Bill Murray, Victor Record, 1919, restauré par Turtle Services Ltd

 

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