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FARREBIQUE

de Georges Rouquier (1946)

 

Grand Prix de la Critique internationale à Cannes (1946)

Grand Prix du Cinéma français (1946)

Médaille d’or à Venise (1948)

Grand Epi d’or à Rome (1953)

 Versions :

VO et sous-titrage anglais et espagnol

 

   

« J’aime, entre autres, le documentaire, parce qu’il est l’expression cinématographique de la vérité. Farrebique est un film « vrai » parce qu’il a été tourné dans un vrai village du Rouergue avec de vrais paysans pour interprètes. Je veux faire vrai et simple. »

Georges Rouquier

 

 

 

Farrebique, c’est le chant du quotidien qui se mêle à la symphonie des saisons.

 

Pendant un an, Georges Rouquier a partagé l’existence d’une famille paysanne, ses peines et ses joies. Les premières images du film s’attardent sur les fissures qui lézardent les murs de la ferme. « Cette maison, il faudra bien la refaire », constate le grand-père.

C’est autour de cette modeste intrigue que s’articule le récit, rythmé par les événements et drames de chaque jour : l’installation de l’électricité quand arrive la neige, la naissance d’un enfant alors que s’éveille la terre, la menace de l’orage, l’accomplissement de la moisson, et l’amour naissant qui répond à la mort.

Farrebique ne raconte rien d’autre. C’est ce qui en fait sa rareté et sa force

 

 

Toute sa vie, Rouquier a filmé l'intimité de la vie

 

Né en 1909 à Lunel-Vieil (Hérault), il se passionne pour le cinéma depuis l’enfance. Ouvrier dans l’imprimerie dès l’âge de 14 ans, il va apprendre progressivement le métier de cinéaste, tout en continuant son premier métier jusqu’en 1943.

Pour son premier film, Vendanges, en 1929, il se lance dans le documentaire et filme les vignes. Pourquoi ? « Parce que je savais ce que c’était ! », répondra-t-il, une formule qui résume bien l’essence du travail de Georges Rouquier : savoir de quoi on parle, le donner à voir simplement et fidèlement.

Documentariste avant tout, l’œuvre de Rouquier est essentiellement composée de films courts. Farrebique est le premier long métrage du réalisateur, et sera suivi de Sang et Lumière en 1953, Lourdes et ses miracles en 1955, SOS Noronha en 1957, et, en 1983, Biquefarre, la suite de Farrebique.

 

Extraits de presse :

 

“ Je suis de ceux qui sont sortis de la projection de Farrebique complètement bouleversés. Rares en effet sont les films où l’on sent à ce point la présence du cœur. Mais plus encore peut-être, ce qui m’émeut profondément dans le film de Rouquier, en même temps que cet amour de la nature d’une force lyrique extraordinaire, c’est sa pureté. ”

Marcel Carné in “ La Rue ” 4 octobre 1946

 

“ Une grande partie de la poésie qui jaillit de ce film tient à ce qui n’est pas dit, à ces visages dont la vie intérieure se laisse à peine deviner. Il faillait pour réaliser ce tour de force un metteur en scène imprégné de la vie des fermes et des champs. Rouquier, avant de devenir linotypiste, passa son enfance parmi les travaux paysans et en partagea les soucis réguliers comme le soleil. […] Ses souvenirs, il en tapisse le film, il en tisse ses personnages, magnifiquement campés avec rien.. ”

Jean Painlevé, “ Le film qui ne sera pas présenté au festival de Cannes ”, in Etoiles, 1946

 

“ Voici un film qui vivra longtemps dans la mémoire de ceux qui auront la chance, un jour, de tomber sous son charme ”

in “ The New York Times ” 24 février 1948

 

“ Pour réaliser un film aussi inhabituel, Rouquier a fait, avec quatorze ans d’avance, l’expérience de la nouvelle vague. Rouquier avait tourné Farrebique pour huit millions. Malheureusement, on ne peut pas recommencer souvent avec succès une entreprise aussi audacieuse et les conditions économiques de notre production n’ont jamais permis à Rouquier de se réaliser complètement. Son cas est assez proche de celui de Grémillon :  c’est le scandale du cinéma français d’interdire à des cinéastes de cette qualité de s’exprimer. ”

Jean Collet : “ Farrebique ”, in Radio-Cinéma-Télévision, 9 avril 1961.

 

“ …il suffit de revoir Farrebique pour juger de sa modernité et de son originalité. Ce n’est ni un reportage, ni un documentaire, ni du cinéma-vérité…Farrebique, c’est finalement du cinéma de fiction tellement bien enraciné dans la réalité qu’il défie le temps. ”

Bernard Génin in “ Télérama ” 16 mai 1984

LES BONUS : 

·         Le tonnelier, court métrage de Georges Rouquier, 1942, noir et blanc, 23mn. Grand prix du film documentaire - Paris 1943

" les gestes du tonnelier dans son travail n'ont guère changé depuis les temps les plus reculés; avec une étonnante simplicité de moyen, une grande économie de d'images, l'auteur nous montre un travailleur à son ouvrage. Pas de faux lyrisme, ni dans le commentaire, ni dans la prise de vue, mais une robuste technique, une description serrée, ce que l'on pourrait appeler en un mot, le 'bon sens cinématographique'."

Roger Régent, Cinéma de France, Edition Bellefaye, Paris, 1948.

 

·          Biographie et filmographie de Georges Rouquier

 

 

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