Voir la  fiche technique du film.

English

L’ESCLAVE BLANC

de Jean-Paul Paulin (1934)

 Avec Georges Rigaud, Jeanette Ferney, Fai, Egisto Olivieri, Nur, Dig Dor

 Versions :

VO et sous-titrage anglais

 

    En Somalie italienne de 1934, un puissant colon exploite une immense propriété sur laquelle travaille un grand nombre d'indigènes. Il est aidé en cela par un jeune contremaître actif et apprécié de tous.

    Survient la fille du colon, qu'il avait laissée en métropole dix ans auparavant et qui est maintenant une belle jeune fille, naïve et avide de connaître une Afrique romantique, pleine d'animaux exotiques et d'êtres humains aux mœurs si étranges et délicieusement primitifs.

    Les jeunes gens sont bientôt amoureux l'un de l'autre, mais le propriétaire rejette violemment une telle mésalliance.

    Le jeune contremaître partira se consoler avec une belle indigène, mais la tribu et le mari de celle-ci s'y opposeront de façon tragique.

 

    Film témoin de l'aventure coloniale, mais aussi un des premiers à montrer au public de l'époque des terres mal connues, ce film vaut qu'on se replace dans l'univers du spectateur de l'époque, comme y invite d'ailleurs Henri de Monfreid aventurier –romancier qui assure "la préface" du film.

 

 

  Mais la réalisation même de « L’Esclave blanc » c'est aussi, et surtout, une histoire étonnante, une sorte d'aventure cinématographique en même temps qu'un regard de toute une époque sur l'épopée coloniale.

C'est pourquoi pour conter cette aventure un ensemble de bonus d'une richesse exceptionnelle a été réalisée à l'occasion de ce DVD.

 Le plus élaboré d'abord est la mise en image du scénario et du découpage que prépara pour ce film

Carl Th. Dreyer.  Car c'est le grand cinéaste danois qui fut d'abord pressenti pour réaliser le film.

 L’origine du projet est un voyage en Somalie d’Ernesto Quadrone, journaliste du quotidien La Stampa de Turin qui couvre l’actualité coloniale italienne dans la corne d’Afrique où les Italiens préparent une offensive pour rétablir leur assise dans la région. Une coproduction franco-italienne s’ébauche. La collaboration s’avère impossible pour Dreyer qui se voit imposé la mondaine Lady Abdy pour le rôle de la seule femme blanche dans le film. Dreyer démissionne après avoir passé quatre mois en Somalie à élaborer un scénario très détaillé : « L’homme ensablé », commençant même à tourner.

L’Homme ensablé, histoire d'un scénario abandonné, par Denis Scoupe

 

 

 

    En hommage à  Dreyer, le sujet est mis en images sous forme d'une bande dessinée de 40 minutes, comportant plus de 300 dessins, et sonorisée avec les dialogues mêmes imaginés par Dreyer. C'est Denis Scoupe qui réalisa les dessins, et supervisa les "prises de vue", avec un respect scrupuleux pour l’auteur danois, telle qu'elle apparaissait dans les dialogues et les annotations de sa main. Il est remarquable de comparer la vision de Dreyer et celle du film finalement réalisé. Ainsi, chez Dreyer, l'origine du conflit entre le colon et son contremaître n'est plus l'amour de celui-ci pour sa fille, dont il est plutôt satisfait, mais l'attitude du contremaître vis-à-vis des indigènes que le colon trouve trop laxiste et compréhensive. Le contremaître ne va-t-il pas jusqu'à dire "partons, nous les blancs, et laissons aux noirs leur terre".

    Dreyer décrit aussi de façon saisissante le syndrome du "danger d'ensablement" qui guetterait l'homme blanc à cause du climat, de la facilité de la vie, la lascivité des femmes indigènes…

    Mais "L'esclave blanc" est aussi un des rares films coloniaux français, et il était important de le replacer dans le contexte d'une aventure coloniale sans complexes, convaincue de la mission civilisatrice de l'Europe, de la supériorité de l'homme blanc, et de son bon droit à dominer les peuples d'Afrique.

    C'est pourquoi le bonus réuni des interviews qui décrivent le contexte de l'époque et donnent des clés pour sa compréhension :

LES BONUS : 

·         Bande annonce du film

 

·          « JEAN-PAUL PAULIN » par son fils Jean-Claude Paulin

Un interview de Jean Claude PAULIN, qui nous parle du réalisateur Jean-Paul Paulin et replace le film dans son œuvre et raconte aussi l'aventure même que fut la réalisation du film.

 

·          « HENRI DE MONFREID » par son petit-fils Guillaume de Monfreid

Un interview de Guillaume de MONFREID qui replace le film dans l'univers

d'Henri de Monfreid aventurier-écrivain, héros controversé de la France en Afrique ,

sorte de parrain du film.

 

·          « Leçons d’Oxford » par Michaël ABECASSIS et Berny SEBE

Un interview de 30 minutes de Michael ABECASSIS et Berny SEBE, deux chercheurs français travaillant à l’Université d’Oxford dont la discussion "décortiquent" le film et ses présupposés idéologiques.

 

·          « L’HOMME ENSABLE » la version de Carl Th. DREYER mise en images par Denis Scoupe.

Denis Scoupe a pris comme point de départ le scénario de Carl Th. DREYER, dont l’original, écrit en français entre mars et juin 1934 en Somalie italienne, est extrêmement précis.  Denis Scoupe a dessiné à la main environ 350 scènes qui ont été montées et sonorisées,  parfois animées.

La genèse de "L'Homme ensablé", questions à Denis Scoupe

 

·          «MARCO DOLCETTA : la canzonetta à l’ère fasciste », et quatre chansons :

« Facetta Nera », « La Morettina », « Africanina », « La Piccinina »

Un interview de Marco DOLCETTA historien italien, qui nous parle de la chanson de l'époque fasciste car le film est aussi une production franco italienne dont le scénario original avait en arrière pensée le soutien à l'aventure coloniale de Mussolini en Somalie. L'interview est illustré par quelques chansons de l'époque (avec leur traduction) qui donnent une image bien sûr idyllique d'une aventure désastreuse à la fois sur le plan moral et militaire.

 

Retourner à la page d'accueil

Fermez la fenêtre

Acheter le DVD