LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE

 

Ce film fait partie de la "Trilogie Rouletabille" éditée par "les Documents Cinématographiques", et comprenant Le Mystère de la Chambre jaune, Le Parfum de la Dame en Noir, et Rouletabille Aviateur.

Sortie DVD en mai 2009

 

Texte alternatif

 

France N&B 108 min

 

de Marcel l'Herbier (1930)

 

 

Avec: Huguette ex Duflos (Mathilde Stangerson), Kissa Kouprine (Marie), Rolland Toutain (Rouletabille), Léon Bellières (Sainclair),
Marcel Vibert (Frédéric Larsan), Maxime Desjardins (le professeur Stangerson), Edmond Van Daele (Robert Darzac), Charles Redgie (Le garde-chasse), Pierre Juvenet (le juge), Henri Kerny (le père Jacques), Eyserman, Jean Diener.

 

Scénario : D'après le roman de Gaston Leroux. 

 

Producteur : La Société des Films Osso

 

Résumé

 

Le mystère de la chambre jaune, c'est celui qui entoure l'agression dont a été victime Mathilde, la fille du "célèbre" Professeur Stangerson. L'agression s'est déroulée dans une chambre close de l'intérieur. Pour la police et son énigmatique représentant Frédéric Larzac, le coupable c'est ... son fiancé Robert Darzac. Il faudra toute la sagacité, toute l'énergie de Joseph Rouletabille, mutant du journalisme, à la fois cascadeur, chroniqueur et enquêteur, pour enfin faire la lumière, et affirmer "il n'y a pas de mystère de la chambre jaune", égratignant au passage avec une audace respectueuse quand même, un journalisme tranquille représenté par son patron Sinclair, et une justice quelque peu compassée.

La fin laissera quand même l'indice que tout n'a peut être pas été dit... tant mieux car il y a une suite... il suffit d'y aller voir... "le parfum de la dame en noir"... dans le même coffret.

 

La presse de l'époque

 

Mon film 16 janvier 1931

Est-il un drame plus angoissant que la belle œuvre célèbre de Gaston Leroux, laquelle, transportée à la scène en 1912, obtint un succès triomphal et contribua à universaliser le reporter-type réalisé par le personnage de Rouletabille ?

Un pareil sujet ne pouvait que tenter 1 éminent cinéaste qu est   Marcel L'Herbier,   dont   la réputation  est  désor­mais mondiale. Marcel    L'Herbier    a transporté   Le   Mystère  de  la  Chambre Jaune   à   l'écran   et, grâce à son incomparable maîtrise et à sa haute compétence technique, en a fait une réalisation de grande classe, passionnante à l'extrême.

Nous respecterons le mystère de ce... mystère, mais qu'il nous soit cependant permis de rassurer le public sur l'issue des recherches entreprises pour découvrir l'agresseur de Mlle Stangerson. Rouletabille parvient, grâce à son courage et à son esprit perspicace à sauver un innocent et à démasquer le coupable qu'on était loin de soupçonner !

Le public saura gré aux Établissements Osso d'avoir tout mis en œuvre pour réaliser superbement ce film où se heurtent les passions, où s'affrontent les haines et sur lequel s'étend, jusqu'au dénouement, un mystère sanglant...

Disons à la vérité que Le Mystère de la Chambre jaune comprend une interprétation véritablement hors ligne, en tête de laquelle nous citerons Huguette ex-Duflos, laquelle incarnera le rôle pathétique de Mlle Stangerson avec son grand talent, son charme et une émouvante grandeur.

Le professeur Stangerson sera représenté par M. Desjardms dont on connaît la longue carrière artistique toujours triomphante.

C'est à l'athlète consommé qu'est Roland Toutain qu'a été confié le rôle du reporter-détective Rouleta­bille qu'il campe de façon remar­quable. Cette création sera pour cet artiste une des plus grandes révéla­tions de l'année.

Nous citerons encore Marcel Vi-bert, lequel, dans le personnage dif­ficile du détective Frédéric Larsan, le « grand Fred », donne toute la mesure de son talent consacré déjà depuis plusieurs années, et Van Daèle, dont on ne compte plus les créations à l'écran, qui fait du rôle du fiancé Robert Darjac une com­position vivante et énergique.

Depuis l'époque récente où Léon Belières qui connaît à fond le théâtre, s'est essayé à l'écran, ce fut pour cet artiste fin et brillant, une marche ascendante cons­tante dans le domaine du septième art. Dans le Mystère de la Chambre jaune, il donne au rôle de Sainclair un relief étonnant.

Cette remarquable tête de distribution est complétée à la perfection par Kissia Kouprime dans le rôle de Marie ; Kerny, qui fait un père Jacques plein de naturel ; Redgie, garde-chasse de parfaite allure et Juvenet, juge imposant et mesuré. Les textes du Mystère de la Chambre jaune ont été judicieusement établis : pas de phrases inutiles, pas un mot qui n'ait son utilité et qui ne porte.

Le public, du reste, se rendra compte des efforts qui ont été faits pour lui présenter un|e oeuvre de premier plan dont les photographies sont superbes, les décorations merveilleuses, l'interprétation unique et le sujet passionnant à l'excès. C'est assurer d'avance au réalisateur Marcel L'Herbier et aux Etablissements Osso un triomphe éclatant et justifié.

Le Figaro, mai 1979 Robert CHAZAL

A l'époque où Marcel L'Herbier entreprit l'adaptation cinématographique du «Mystère de la chambre Jaune », les romans de Gaston Leroux remportaient un grand succès populaire. Aujourd'hui, bien qu'un peu dépassés, ils reviennent en faveur grâce à des rééditions. Au cinéma, le phénomène est de môme ordre. Le mystère de la chambre jaune  nous donne la nostalgie d'un cinéma qui se faisait avec plus de foi que, souvent, celui d'aujourd'hui. Et pourtant, pour le metteur en scène, il s'agissait d'une œuvre de commande.

Mais la grande attraction de  Le mystère de la chambre jaune  (cette chambre dont toutes les issues étaient fermées et où Mlle Stangerson se trouvait seule avec un assassin disparu sans laisser de traces), c'était Ro­land Toutain.

Dans son livre de souvenirs, « La tête qui tourne », qui vient de paraître chez Belfond, Mar­cel L'Herbier raconte qu'il .avait d'abord pensé au débutant Jean-Pierre Aumont pour le rôle de Rouletabille, le journa­liste héros de l'aventure. Mais il avait convoqué - pour un essai - Roland Toutain dont il avait apprécié les pitreries avec le tournage d'un film de Jaque-Catelain, La galerie des monstres . Et Marcel L'Herbier précise :

« Jean-Pierre Aumont fut délicieusement souriant dans la scène où Rouletabille accuse l'assassin qu'il a découvert. Quant à Roland Toutain, ce fut de la dynamite juvénile, il avait appris par cœur le texte de la même scène. Mais comme il n'avait aucune mémoire, il s'embrouilla et finit par lancer : « Eh bien, messieurs, l'assassin de Mlle Stangerson.. c'est M. L'Herbier... »

Convaincu, le metteur en scène voulait engager Toutain mais le producteur, Osso, était réticent. Le tout devant se ré­gler au cours d'un déjeuner au premier étage du Fouquet's, les deux hommes virent sou­dain apparaître derrière la fe­nêtre le visage de Roland Toutain qui avait grimpé par la façade. Cette nouvelle acroba­tie emporta la décision, large­ment justifiée par l'audace, l'in­vention et le dynamisme de celui qui fut un incomparable Rouletabille. Et si « Le mystère de la chambre jaune », film de bonne facture, mérite d'être vu ou revu aujourd'hui, c'est beaucoup pour la performance de Roland Toutain.

« Le parfum de la dame en noir »

Marcel L'Herbier ne voulait pas tourner le second Leroux : Le parfum de la dame en noir. Mais il y fut obligé par le succès considérable rem­porté par le premier. Pourtant, si les deux films sont de même inspiration, le second est d'un ton différent, comme le souli­gnait Marcel Carné -alors journaliste - qui écrivait dans Ciné-Magazine : « Le roman de Gaston Leroux a été respecté dans son esprit Le parfum  reste bien la bande à surprises, le tour de passe-passe, l'énorme mystification dont le spectateur est l'objet et qui lui fait entrevoir qu'il a été joué lorsque L'Herbier abat les cartes.»         .

Et Carné avoue : "La tech­nique de L'Herbier est comme toujours, originale pour le di­lettante." Aujourd'hui encore, on peut souscrire à ce juge­ment. Ainsi, Marcel L'Herbier montre que l'on peut, même sur des sujets de commande, faire du cinéma digne de «on nom.

 

 

 

 

 

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