TROIS COURTS METRAGES II

 

 

L' OEUVRE SCIENTIFIQUE DE PASTEUR

de Georges Rouquier, 1947, N&B, 32 mn. Co-réalisé avec Jean Painlevé.

INTERPRETES  Avec Roland Tirat dans le rôle de Pasteur.

" Sujet très vaste qui nécessiterait un film à épisodes. Malheureusement le métrage limité nous a obligé, Rouquier et moi, de choisir quelques passages seulement dans cette étonnante activité, de bannir presque toute séquence humaine, d'accumuler les moments où Pasteur, bandrillé par des contradicteurs souvent de mauvaise foi, se défend avec violence, alors que sa vie courante est marquée de bonté et sérénité. Il y a naturellement deux manières d'illustrer l'histoire d'un grand homme: l'une officielle, où tout coule de source, enchaînement harmonieux permanent; l'autre, intime situant le savant dans son époque avec les résonances économique et sociales, exprimant les difficultés, réelles, quotidiennes en même temps que les doutes, les erreurs, et ces hasards qui, disait Pasteur, " ne profitent qu'aux esprits préparés", montrant ainsi à tous que la réussite leur est accessible en échange d'un acharnement nécessaire et ne se trouve pas réservée à des êtres marqués d'avance par je ne sais quel destin." Jean Painlevé 1947 

« Jean Painlevé et Georges Rouquier se penchaient avec un regard nettement plus scientifique (que Sacha Guitry) sur les travaux du savant, utilisant des comédiens dans une sorte de "docudrame" bien avant l'heure. Le souci pédagogique prenait cette fois largement le dessus, quelques expériences (notamment sur la fermentation et la vaccination) étant décrites dans le détail. Le spectacle était, quant à lui, assuré par ce "cinéma accéléré" qui permettait au commentaire de s'appuyer sur les images de quelques germes s'agitant sous l'oeil d'un microscope : en 1947, le commun des mortels voyait par les yeux de Pasteur.» Jean-Baptiste de Montvalon, Le Monde, 17 janvier 1995

 

LA BETE NOIRE

de Georges Rouquier, 1956, N&B, 26 mn.

INTERPRETES Pierre Even, Nicole Gama, Michel Gann, Jean Tolzac.

Tourné à Buzençais (Sologne)

" Dans le langage des chasseurs et des gardes-chasses, la « bête noire», c'est le sanglier. Quand revient la saison de la chasse, on le traque dans les forêt de Sologne. Mais ces lieux lui sont familiers, et le sanglier se dérobe. Alors les chasseurs prennent sa piste à travers sous-bois et halliers, gravissant et descendant des talus... Car c'est d'abord ça, la chasse : une longue marche incessante et qui parfois s'accélère quand le gibier semble à proximité... Une voiture bien suspendue suit les chasseurs, pour réduire la course... Philippe Haudiquet, Plaquette de la rétrospective Georges Rouquier, Centre George Pompidou, 1989

 

UN JOUR COMME LES AUTRES

de Georges Rouquier, 1953, N&B, 24 mn.

INTERPRETES Jacques Marin, Jacqueline Gaudin et Buguette

"Georges Rouquier compare souvent la pédagogie à la dramaturgie cinématographique. L'une et l'autre se combinent si heureusement dans cette commande de l'Institut National de la Sécurité que le message didactique imposé s'intègre parfaitement à l'histoire. Car c'est d'abord cela, Un jour comme les Autres : une histoire, un récit qui fourmille de détails vrais sur la vie d'une famille ouvrière en 1952, sur le microcosme d'un train de banlieue ou d'un chantier de construction. Une histoire implique des protagonistes. Rouquier les présente dès les premières images : un homme et une femme qui s'aiment, avec leurs soucis et leur rêve, une maison qui ne soit pas en papier... Et c'est subrepticement que le cinéaste passe à la partie didactique du film, en articulant l'action de façon plausible à partir d'une tragédie qui n'a pas eu lieu : la chute de Pierrot. Il fait alors passer un situation, par la bouche du contremaître, en colère après-coup, le message sur la sécurité qui, au-delà de Pierrot, s'adresse à tous les travailleurs [...] 

Le film ne s'arrête pas là. Il se termine sur une note intime, ironique et tendre, en forme de gag, qui atteste, comme le reste du film, d'une chaleur dénuée de pathos et d'une invention pleine d'élégance. Car c'est un Rouquier au mieux de sa forme et de son inspiration qui a réalisé Un jour comme les Autres : maître d'un découpage exceptionnellement riche; attentif à ses comédiens, notamment l'excellent Bugette, plus vrai que nature dans le rôle difficile du contremaître; sensible comme Carné à la poésie du paysage urbain, au vapeurs de locomotive fusant au passage des ponts. [...] Rouquier donne ici un exemple de cinéma civique dont on ne voit guère d'équivalent que dans la grande école documentaire anglaise, celle des Wright et des Watt, dont il est proche." Philippe Haudiquet, Plaquette de la rétrospective Georges Rouquier, Centre Pompidou, 1989

 

 

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